contact@prefecture-kindia.com

(+224) 622 41 30 88

Manquépa, Commune Urbaine de Kindia

Kindia : Le lavage d’engins, un moteur d’espoir et d’autonomie pour la jeunesse.

par Préfecture de Kindia | Mai 11, 2026 | Jeunesse, Société | 0 commentaire

 

Dans la cité des agrumes, le secteur du lavage automobile et de motos est devenu bien plus qu’un simple service de proximité. C’est aujourd’hui un véritable filet de sécurité sociale pour des dizaines de jeunes, élèves ou déscolarisés, qui troquent l’oisiveté contre le jet d’eau et le savon.

À Kindia, l’activité de lavage d’engins roulants foisonne dans presque tous les quartiers. Derrière le Centre de Formation Professionnelle (CFP) de Manquepas, l’ambiance est à l’effervescence. Ici, un ancien migrant de retour au pays a transformé un terrain vague en une entreprise solidaire. Son initiative emploie aujourd’hui plus de vingt personnes.

Le succès de ces centres repose sur un contrat de confiance et de partage équitable des revenus. Le promoteur du site de Manquepas explique sa démarche avec clarté :

« J’ai vécu assez longtemps à l’extérieur, mais depuis mon retour au pays, j’ai créé cette activité de lavage. Aujourd’hui, je me débrouille bien et plus de vingt jeunes travaillent avec moi ici. Nous lavons les voitures à 30 000 francs guinéens et les motos entre 10 000 et 15 000 francs selon les cas. Les revenus sont partagés à 50 %. Par exemple, pour une moto lavée à 15 000 francs, le jeune prend 7 500 et moi également. Pour une voiture à 30 000 francs, chacun reçoit 15 000 francs. Nous invitons les jeunes à ne pas rester dans les bars-cafés sans rien faire. Il faut se battre dans la vie et ne pas toujours attendre l’aide de l’État. L’aventure n’est pas facile ».

Au-delà de l’aspect financier, ces centres de lavage jouent un rôle éducatif et préventif. Pour Mamadou Oury Diallo, encadrer ces jeunes est une mission citoyenne. En les occupant sainement, on les éloigne des tentations de la rue.

« Nous travaillons avec ces enfants pour qu’après l’école, ils ne restent pas à la maison sans occupation. Ils viennent ici laver les engins afin de subvenir à leurs besoins et participer aux frais de leurs études. Cela permet aussi d’éviter la délinquance. Mais parfois, nous sommes confrontés à des malentendus avec certains enfants difficiles à gérer. Nous n’acceptons pas ce genre de comportements ici » martèle-t-il.

Pour les jeunes travailleurs, comme Fodé Soumah, cette activité est synonyme de dignité. Entre ses heures de cours et ses responsabilités familiales, il trouve dans le lavage un équilibre financier non négligeable.

« Quand je quitte l’école l’après-midi, je viens laver les engins roulants pour ne pas rester les bras croisés à la maison. Cela permet aussi d’éviter la délinquance, car rester sans rien faire peut conduire au banditisme. Ici, je travaille tranquillement sans stress. Après avoir payé la part du propriétaire, je rentre à la maison. Certains jours, je peux gagner entre 20 000 et 100 000 francs guinéens. Mais nous rencontrons beaucoup de difficultés, surtout le manque d’eau pendant la saison sèche. Parfois, nous restons sans travailler à cause de cela. J’invite aussi mes collègues à éviter l’oisiveté et à apprendre une activité après les cours, même si ce n’est pas le lavage ».

Si le secteur offre une alternative réelle à la précarité, il reste tributaire des aléas saisonniers. Le manque d’eau en saison sèche demeure le principal frein à l’épanouissement total de cette micro-économie. Néanmoins, l’exemple de Kindia prouve qu’avec de la volonté et une organisation rigoureuse, la jeunesse guinéenne est capable de se forger un destin, un seau à la main.

La rédaction 

0 commentaire

Laisser un commentaire

Calendrier

mai 2026
L M M J V S D
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031