À l’occasion d’une conférence
de visibilité organisée vendredi 23 janvier 2026 à l’ISFAD, les responsables du
projet « Equal Santé », porté par Amref Africa, ont réuni journalistes, agents
de santé et populations clés. L’objectif était de vulgariser un modèle de soins
intégrés et de contribuer à la levée des tabous liés à la santé sexuelle ainsi
qu’aux violences basées sur le genre.
Depuis 2023, le paysage sanitaire de la
Basse-Guinée, notamment dans les régions de Kindia et de Boké, connaît une
mutation structurelle. Le projet « Equal Santé », financé par Expertise France
à travers « L’Initiative », s’est donné pour mission de renforcer les
interventions du Fonds mondial en intégrant les services de santé sexuelle et
reproductive (SSR) dans le parcours de soins des personnes vivant avec le VIH
et des populations vulnérables.
Pour François Goumou, chargé de projet à
Amref Africa, cette rencontre à l’ISFAD marque une étape déterminante dans la
diffusion des résultats du projet. « Equal Santé est un modèle de réussite en
matière d’intégration des services. Il permet aujourd’hui aux populations
vulnérables d’accéder à un parcours de soins complet et de qualité », a-t-il
déclaré à l’ouverture de la conférence.
La rencontre a suscité un réel déclic
chez plusieurs participants. Mademoiselle Odette Kourouma, superviseure TB/VIH,
a insisté sur la nécessité de rendre visibles certaines formes de violences
souvent ignorées. « J’ai appris qu’il faut mettre en lumière des violences peu
connues, notamment les violences psychologiques et financières », a-t-elle
confié.
Pour une meilleure efficacité, elle
recommande une décentralisation de l’information : « Ces formations ne doivent
pas être diffusées uniquement en français. Elles doivent être relayées dans nos
langues locales afin que toute la population puisse être informée ».
Le Dr Saran Mamadi Kaba, point focal à
l’Inspection régionale de la santé de Kindia, a rappelé que cette initiative
s’inscrit pleinement dans la vision de l’État guinéen. Il a notamment évoqué
l’article 22 de la nouvelle Constitution, qui garantit le droit à la santé et
la couverture sanitaire universelle.
« Nous avons ciblé les journalistes et
les populations clés pour relayer des messages sur la prévention, la prise en
charge et, surtout, rappeler la gratuité des soins garantie par
l’administration », a-t-il précisé.
De son côté, Mme Chérif Fanta, point
focal en santé de la reproduction, a plaidé pour un changement de comportement
au sein des familles. Selon elle, le dialogue entre parents et enfants
constitue un rempart essentiel contre les grossesses précoces et les
infections.
« Nous, les femmes, devons conseiller
nos enfants. Si nous ne parlons pas à nos filles de leur cycle menstruel ou de
l’hygiène, elles croiront aux mensonges de l’extérieur. Il faut briser les
tabous », a-t-elle affirmé.
Elle a conclu en encourageant les jeunes
à se concentrer sur leur formation (école, couture, coiffure), tout en
rappelant l’existence de méthodes de planification familiale pour prévenir les
drames liés aux avortements clandestins.
AGP/24/01/026 TS/CM/AND




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